penser l'espace en sociologie

Au-delà de cette variabilité se dessinent toutefois des traits communs qui tiennent moins aux thématiques abordées qu’aux intérêts de recherche qui en justifient l’abord. Ville, société et action publique" de l’AISLF organise à Tours, les 3 et 4 juillet 2014, un colloque intitulé "Penser l'espace en sociologie". Construire une sociologie de l’espace qui serait une sociologie des absences (des expériences déniées, refoulées, oubliées, minoritaires…) et des émergences (des expériences autres). 11La faiblesse d’Henri Lefebvre est peut-être que, tout en cherchant à lui accorder une place centrale, il tend à délier le vécu de l’expérience spatiale de sa dimension sensible-corporelle, en présupposant exagérément une anthropologie « représentationniste », d’après laquelle ce seraient soit des représentations, des symboles, des imaginaires intériorisés, soit des configurations spatiales extérieures saturées par des représentations idéologiques déterminées… qui induiraient, infléchiraient… notre expérience vécue de l’espace. URL : http://journals.openedition.org/sociologies/5592, Université Libre de Bruxelles (Belgique) - jgenard@ulb.ac.be. 6Je chercherai d’abord à expliciter quelque peu ce point de vue à partir des voies ouvertes ou appelées par ce Dossier. Peut-être ne rencontrent-elles pas totalement les intentions qui ont présidé au regroupement des différents textes. À bien le lire, il apparaîtrait comme s’inscrivant parfaitement à la fois dans une sociologie des absences et dans une sociologie des émergences. Dans l’émotion, l’acteur n’a précisément pas de rapport objectivant à lui-même ; il éprouve, il ressent, il vit l’émotion. Ces rectifications devraient avoir des conséquences non seulement sur … D’un côté, une attention plus importante à la dimension « esthétique » du social, à la sensibilité. L’héritage sociologique des années 1960-70 nous a habitués à comprendre l’institution sous ses formes stabilisées plutôt que sous ses formes dynamiques, processuelles. Conférence de Stéphane Beaud, agrégé de sciences sociales, professeur de sociologie, université de Poitiers. Et il est évidemment possible d’analyser comment les acteurs acquièrent ces « compétences spatiales » (Cholez, 2008), comment ils en font usage, comment ils les transgressent… Il me semble toutefois que le dossier invite à se situer à un autre niveau, celui de l’institution comme processus, dans lequel les compétences spatiales révèlent, sans pour autant les « enchanter », leur inventivité, leur créativité, leur productivité... La plupart des textes l’évoquent plus ou moins explicitement. Postface au dossier "penser l'espace en sociologie" par Genard, Jean Louis Référence SociologieS Publication Publié, 2016-06. Et un des rôles de la sociologie peut être alors de la faire passer de l’ « absence » à la visibilité, mais en prêtant à ce geste, en plus de sa dimension simplement cognitive – au sens ici de son intérêt de connaissance – une ambition éthique qui se révèle dans la discussion des catégories et la justification de l’expression « centralité populaire », et une ambition politique qui montre que d’autres voies sont possibles et d’ailleurs s’inventent. Villes sociétés et action publique » de l’Association internationale des sociologues de langue française organise un colloque sur la sociologie et l’espace à Tours les 3 et 4 juillet 2014, en De Sousa Santos B. Cette question peut notamment être illustrée par les travaux sur la stratification sociale qui s’intéressent à l’inscription spatiale des groupes sociaux et aux effets de cette inscription spatiale ; mais aussi à ceux qui mettent en évidence les dimensions spatiales de la famille, etc. Licence Creative Commons Attribution - Pas d’Utilisation Commerciale - Pas de Modification 3.0 France, Comité de rédaction et comité de lecture, Le contexte, les partenaires et le processus : les contraintes éthiques dans les recherches collaboratives [Full text], Un bouleversement radical de nos repères anthropologiques et des conditions de la moralité : le déclin ou la fin de l’exception humaine ? (2011), « Épistémologies du Sud. La pensée marxiste et la ville, Paris, Casterman. 1Ce numéro voudrait contribuer, sur plusieurs points, au projet pluridisciplinaire de Sociétés Contemporaines.Dès son premier numéro, en 1990, la revue publiait en effet un dossier portant sur les relations entre histoire et sociologie. 18Le texte sur la scénographie muséale est celui qui sans doute s’intègre le moins dans les convergences que j’ai fait remarquer à propos de « de qui on parle ». Intègrent-ils, et si oui de quelles manières, les apports d’autres disciplines (SHS, philosophie, mais aussi mathématiques ou physique) à leurs démarches ? L'espace perd-il de son importance dans la structuration des sociétés humaines ? Löw M. (2015), Sociologie de l'espace, Paris, Éditions de la Maison des Sciences de l'Homme. Enjeux de la sociologie urbaine, coll. Tous les textes assument en fait, sans la revendiquer explicitement, une approche socio-cognitiviste des émotions qui justifie qu’elles peuvent et doivent être saisies en contexte et en situation (contexte renvoyant à un niveau macro, situation à un niveau micro). Et c’est pourquoi le texte plaide pour une « approche localisée », comme d’ailleurs le texte sur les expériences de mobilité. Comment le représente-on ? », Études rurales, vol. 1, n° 187, pp. 21-49 - [En ligne] www.cairn.info/revue-etudes-rurales-2011-1-page-21.htm consulté le 9 janvier 2016. Que les expériences spatiales déniées, refoulées, oubliées, oppressées se vivent dans la sensibilité n’implique évidemment pas qu’elles soient idiosyncrasiques, purement personnelles. 13En invitant à saisir l’espace comme expérience où s’enchevêtrent espace subi et espace agi, à saisir l’espace comme pratique et comme compétence, ce Dossier soulève un enjeu important théoriquement mais aussi par rapport aux enjeux des politiques publiques. The sociological weft of space. Précis de sociologie de l'émancipation, Paris, Éditions Gallimard. 8Tout cela nous invite donc à considérer, comme le fait par exemple l’article sur les espaces de la participation (c’est-à-dire celui dont l’objet renvoie le plus directement aux échanges argumentatifs), une esthétique, une aesthesis de l’expérience spatiale, qui se soucierait de saisir ce qu’on pourrait appeler les « affects spatiaux », les « émotions spatiales », l’aise ou le malaise, mais bien d’autres émotions aussi, liées aux présences à l’espace, et à les saisir à partir de, dans leurs manifestations. Ce qui ne veut pas dire pour autant que l’émotion soit « sans raison ». Article révisé par les pairs. Une fois acquise l’idée que la spatialité est quelque chose qui s’éprouve dans la pratique et qui se comprend sociologiquement à partir des pratiques, la question de « l’institution de l’espace » tend à devoir être saisie à ce même niveau, en terme de coordination, d’ajustements, d’essais, de bifurcations… Bien entendu, la coordination spatiale peut dépendre de structurations formelles comme l’exemplifient le code de la route, la signalisation routière, la configuration des voies de circulation… qui ensemble constituent une « police de la route ». Ensuite 8 à 10 propositions seront développées par écrit (sous la forme d’un article de 40 000 signes environ remis avant la tenue du colloque, en vue d’une publication) et présentées lors du colloque par leurs auteurs. Nouvelle édition [en ligne]. Note portant sur l’auteur1 PENSER L’ESPACE AUTREMENT… Les rapports entre les espaces sociaux et les territoires politiques posent problème. Il suscite des tensions entre conservation de la tradition et ouverture à la modernité. Les apports et débat théoriques sont bienvenus du moment qu’ils éclairent la démarche sociologique. Comment dialoguent-ils avec les diverses disciplines qui s’intéressent à l’espace (de l’éthologie à l’ergonomie, en passant par la géographie et l’esthétique) ? Mais elle est aussi liée à la nécessité de repenser sans cesse l’espace en relation avec les autres disciplines qui accordent à cet enjeu la même prééminence. Les contributions présentées ici ont été rassemblées à la suite d’un colloque intitulé « Penser l’espace en sociologie », tenu à Tours en 2014. La trame sociologique de l’espace [Texte intégral] Éléments pour une pragmatique de l’espace et du commun. sociologie tandis que la seconde se focalise sur un champ particulier de la sociologie : la santé. Telle est la conviction du spécialiste de l’espace urbain Jean Remy, qui a développé au fil de sa carrière une approche méthodologique pour étudier le rôle de l’espace dans la vie collective. Elle nous revient par l’intermédiaire de chercheurs anglo-saxons, relecteurs d’Henry Lefebvre, et d’une chercheuse allemande qui propose la constitution d’une sociologie de l’espace : Martina Löw (auteure de Raumsoziologie, paru en 2007, traduit en anglais sous le titre Sociology of Space). Dans le cadre des Amphis des lettres au présent, en partenariat avec l'UFR Lettres et langues de l'université de Poitiers. Les contenus de la revue SociologieS sont mis à disposition selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution - Pas d’Utilisation Commerciale - Pas de Modification 3.0 France. Le texte proposé par le collectif Rosa Bonheur se conclut significativement ainsi : « ce qui nous permet d’affirmer que la dimension spatiale des ressources sociales est l’une des modalités de résistance des classes populaires à la domination ». Et, bien sûr, lorsque nous proposons une approche socio-cognitive des émotions, c’est en ne calquant pas l’idée de « cognition » sur celle de « connaissance » avec tout ce que cela présupposerait d’objectivation. enser l’espace en sociologie Équipe CoST 3 et 4 juillet 2014 Université François Rabelais, Tours 3 rue des Tanneurs Amphi XXX Colloque organisé par : le Comité de recherche Sociologie urbaine : villes, sociétés et action publique de l’AISLF l’UMR 7324 CITERES (CNRS-Université de Tours)– Equipe COST être accompagnées des coordonnées complètes de l’auteur principal ; être envoyées par courriel aux adresses suivantes : Université de Tours - 3, rue des Tanneurs. En repartant du « tournant spatial » des années 1970 et du travail de Henri Lefebvre, l’article ouvre une réflexion sur la portée sociologique et politique des questions spatiales. Luca Pattaroni. Les voici rapidement identifiées : 16(1) En la situant aussi du côté de la sensibilité, ou du moins en attirant l’attention sur cette dimension, l’expérience spatiale apparaît comme une compétence, une compétence qui mobilise des intelligences symboliques bien sûr (des codes, des conventions, des savoirs acquis…), mais aussi des intelligences iconiques et indiciaires (Ferry, 2004). Ouvertures des inscriptions au colloque Penser l'espace en sociologie Ce colloque vise à reprendre une question très présente chez certains pères fondateurs de la sociologie, à l’origine de plusieurs courants forts de la sociologie urbaine française, mais quelque peu délaissée depuis, celle du rapport entre sociétés et espaces. Par exemple, lorsqu’il évoquait l’espace vécu, Henri Lefebvre le renvoyait très directement aux représentations, images, symboles… que les acteurs y associent, là où l’espace perçu renvoyait, lui, plutôt à la matérialité des choses qui occupent et structurent l’espace, et là où l’espace conçu était celui des concepteurs et aménageurs… Cette conception lui permettait de penser que les développements du capitalisme étaient en train de provoquer une sorte d’appauvrissement, d’« écrasement » de l’espace vécu au travers de la montée en puissance de l’espace conçu, celui des urbanistes, des constructeurs, des planificateurs… interdisant toujours davantage aux acteurs de se projeter, de projeter leurs imaginaires, leurs rêves dans l’espace. 26(3) Mais ce sur quoi je souhaiterais attirer l’attention c’est, à propos de ce texte mais aussi d’autres contributions au Dossier, cette dimension d’attention politico-éthique, cette dimension de « soin », de care, qu’évoque Boaventura De Sousa Santos. Modestement, je chercherai à dégager quelques points que je développerai autour de deux observations principales, choisies parmi d’autres possibles, et qui touchent à ces deux questions « de qui on parle ? » et « pour insister sur quoi ? Et cela tout en sachant que, s’agissant des « commons », la notion d’espace doit s’étendre aux « espaces immatériels », ceux de l’information, du web… La différence avec l’exemple roubaisien est que dans ces expériences l’explicitation discursive des ambitions est très généralement beaucoup plus présente. a. Présentation schématique. L’espace apparaît-il comme un facteur, une variable que l’on prend en compte –et dans ce cas, de quelle manière ? (2) En s’interdisant de préjuger de manière totalisante de l’écrasement du vécu par des structures de domination, ou de son enfermement dans des routines stabilisées, l’expérience spatiale se trouve potentialisée, pour reprendre un terme avancé par Luca Pattaroni. Parce que ce que font les orientations spatiales portées par l’action publique demeure toujours partiellement indéterminé, la question des pratiques et des usages revêt une importance cruciale. 1 Cette remarque est nécessaire pour comprendre l’occurrence du mot « eurocentriste » dans la citatio ; 17 En s’appuyant sur cette focale, la sociologie de l’espace semble pouvoir accomplir le geste que Boaventura de Sousa Santos appelle de manière générale. Voulant sans doute, sans en nier ni l’intérêt ni la pertinence, prendre le contrepied de postures privilégiant une vision de l’espace « en extériorité », en « structures ». 16 juin 2016. Jean Remy est économiste et sociologue. Contribuer avec Peirce à une sociologie de l’engagement, Le développement durable comme objet de transactions, Pour insister sur quoi ? 1 Cette remarque est nécessaire pour comprendre l’occurrence du mot « eurocentriste » dans la citation. Autrement dit, là, ce que Boaventura De Sousa Santos vise par « absence » est le plus souvent contesté par les acteurs eux-mêmes qui entendent se rendre « visibles », alors que l’expérience roubaisienne ne porte pas cette ambition. Cela signifie que dans la logique de l'espace conteneur, il y a des actions en mouvement dans ou sur un espace qui est immobile (arrière-plan). Un bouleversement radical de nos repères anthropologiques et des conditions de la moralité : le déclin ou la fin de l’exception humaine ? Évolution du concept d'espace en sciences sociales. DI-fusion, le Dépôt institutionnel numérique de l'ULB, est l'outil de référencementde la production scientifique de l'ULB.L'interface de recherche DI-fusion permet de consulter les publications des chercheurs de l'ULB et les thèses qui y ont été défendues. Cette dimension cognitive des liens entre émotion et spatialité transparait peut-être le plus clairement lorsque nous n’envisageons plus l’émotion dans le présent de l’expérience, mais plutôt dans une perspective de décalage temporel, comme l’illustre le texte sur la mémoire des bidonvilles. Penser l’espace en sociologie Enjeux théoriques et pratiques de recherche Le Comité de recherche « Sociologie urbaine. Elements for a pragmatic of the space and the common. 2Sans doute faut-il interroger alors les raisons de cet assemblage et saisir ce qu’il entend nous faire appréhender. Jean-Louis Genard, « Postface au Dossier « Penser l’espace en sociologie » Â», SociologieS [En ligne], Dossiers, Penser l'espace en sociologie, mis en ligne le 16 juin 2016, consulté le 10 janvier 2021. 16h30-17h00 - Discussion et clôture du colloque : Alain Bourdin . Le texte sur la mémoire des bidonvilles est à cet égard éclairant, montrant comment des mises en situation sont susceptibles d’activer l’expérience spatiale, en l’occurrence comment ces mises en situations concrètes sont susceptibles d’activer des représentations mémorielles, à partir des émotions suscitées dans le rapport à l’espace. Les propositions sont attendues pour le 15 mars 2014 au plus tard et doivent : Les communications seront sélectionnées par un comité constitué de Jean-Yves Authier, Alain Bourdin, Dana Diminescu, Yankel Fijalkow, Oliver Frey, Annick Germain, Yves Grafmeyer, Marie-Pierre Lefeuvre, Joao Pedro Nunes, Nicolas Oppenchaim, Monika Salzbrunn. Postface au Dossier « Penser l’espace en sociologie » By Jean-Louis Genard. (6) Pour avoir accès à ces expériences, seule une sociologie plongeant dans l’agir, et s’y intéressant de manière patiente, paraît devoir s’imposer, un agir en contexte, en situation, un agir en commun aussi. Vivre un espace, faire une expérience spatiale… ce n’est pas essentiellement projeter sur cette expérience des représentations intériorisées ou subir des représentations spatiales matérialisées… Faire une expérience spatiale c’est plutôt ou aussi ce à partir de quoi, ce dans quoi peuvent se manifester, se révéler, se construire, se produire, s’activer des souvenirs, des émotions, des représentations, des désirs, des frustrations, des révoltes… Il est significatif que le texte qui, dans le Dossier, situe le plus ses réflexions dans un cadre de structures sociales globales, celui sur les mobilités pensées dans le cadre de la compression de l’espace-temps en régime de globalisation, en vienne à insister sur la variabilité, l’ouverture et l’indéterminabilité a priori des « expériences » de la mobilité. Dans son Penser au Moyen-Âge, Alain de Libéra a beaucoup aidé à dévoiler l’arbitraire de ce regard sur un espace en fait continu de la pensée couvrant ce que j’appelle l’espace méditerranéen. Y porter attention, les « prendre au sérieux » comme le revendique le texte. Enfin, un appel à s’intéresser à l’espace par les usages et les pratiques en situation, en particulier dès lors que, comme c’est le cas des aménageurs, on a vocation de concevoir l’espace.

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